Pause jeunesse

Cascade, humour et amitié : La street en mode bolide – Cécile Alix et Dimitri

Couverture de "La street en mode bolide" de Cécile Alix

Dur retour à Paris…

Carl, 11 ans vit avec sa mère à la campagne. Avec son fauteuil nommé Bernard, il adore se balader dans les champs et sur les chemins accidentés. Quand sa mère lui annonce qu’ils vont déménager et retourner en ville, il est tout chamboulé. Pourtant, la vie Parisienne lui réserve bien des surprises et de belles rencontres. Surtout quant on a pour animal de compagnie un mouton apprivoisé appelé Oumtiti !

Le premier tome d’une belle série

Avant toute chose, je souhaite remercier les éditions Magnard pour cet envoi. J’ai découvert Cécile Alix avec son roman Dix contre uns, que j’avais beaucoup aimé, alors j’ai été tout de suite conquise par cette proposition. Ce roman graphique est le premier tome d’un série s’adressant aux enfants à partir de 8 ans, un public résolument plus jeune que celui de Dix contre un.

Un roman drôle et loufoque

Avec le sujet du handicap, viennent souvent les histoires tristes, difficiles. Si vous souhaitez cela, passez votre chemin ! En mode bolide déroule un univers drôle, parfois loufoque, plein de clin d’œil à l’actualité qui ravira les plus jeunes. Si les situation semblent parfois abracadabrantes, il se dégage un humour et une bienveillance de ce récit, qui en fait un petit bonbon à dévorer sans modération.

Le texte est court, très accessible. Les illustrations Dimitri Zegboro s’intègrent parfaitement, tout en venant accentuer l’humour de certaines situations. La mise en page, avec ses différentes polices est aussi très sympathique et moderne.

Un personnage principal pétillant

Carl est un personnage attachant. Si la vie ne l’a pas épargné, il a su rebondir et se recréer un monde où son handicap n’est pas une fatalité. Loin des clichés, ce roman nous montre à voir le quotidient d’un jeune homme, entre famille, amis et bouleversement. Le handicap de Carl est quant à lui presque anecdotique et sert l’humour du récit. Son fauteuil roulant est même un personnage à part entière, portant le doux nom de Bernard. Loin d’être un frein, Bernard est un allié, un compagnon d’aventure. Il va permettre à Carl de s’intégrer dans sa nouvelle vie, pourtant radicalement opposée à celle qu’il avait à la campagne.

La mère de Carl est attachante. Tantôt fantasque, surtout lorsqu’elle est présentée au début du récit, tantôt avec la tête sur les épaules. Elle est une mère aimante, protectrice mais qui sait également laisser à son fils de la liberté, quoiqu’en dise ce dernier.

Au fil des pages, nous suivons avec délectation les nombreux personnages qui croisent la route de Carl. Il sont parfois carrément caricaturaux mais cela marchera sans nul doute avec les enfants. On retrouve par exemple la grand-mère jamais contente de Carl, ou encore l’odieux propriétaire de l’immeuble. Les traits sont certes un peu forcés, mais pour la bonne cause de l’humour.

Le roman en bref

A travers ces personnages hauts en couleur, ce titre une belle dose d’humour à mettre entre les mains d’enfants à partir de 8 ans. Un roman graphique frai, amusant qui nous fait relativiser et nous ramène une bonne dose de positivité !

La street : en mode bolide
Cécile Alix et Dimitri
Magnard jeunesse

Ma note : ★★★★☆

Ce roman vous intéresse ? Vous aimerez également Les fondus de l’Arctique d’Erwan Seznec. D’autres idées en lien avec ce roman ? N’hésitez pas à les partager en commentaire ! 

Pause jeunesse

Une aventure fantastique : Stella et les mondes gelés – Alex Bell

Couverture "Stella et les mondes gélés" d'Alex Belle

Un rêve qui se réalise

Le rêve de Stella se réalise enfin ! Elle part en voyage avec le club de l’ours polaire, à la conquête des étendues polaires. Si l’expédition semble bien commencer, de nombreux dangers vont très vite se dresser sur la route de Stella et ses compagnons

Un récit inventif et savoureux

J’ai décidé de mettre ce roman dans ma PAL pour le Cold winter challenge car son sujet autour du voyage, du grand nord et sa couverture m’ont attiré. De plus, j’avais envie de découvrir une histoire avec une héroïne forte et Stella correspond parfaitement à ma requête.

J’ai vraiment adoré ce récit très créatif, inventif et bienveillant. En ce moment, je lis pas mal de SFFF. J’ai l’impression que dans ces mondes imaginaires, nous retrouvons toujours les mêmes créatures, aux descriptions et aux pouvoirs similaires. Ce roman nous fait découvrir quant à lui un monde très riche avec des créature inventives, très différentes les unes des autres. J’ai vraiment hâte de lire le tome 2 de cette saga, qui vient d’arriver dans la bibliothèque où je travaille pour en découvrir plus !

Un roman plein de bonnes vibrations et de références

Au delà de ces découvertes de créatures un peu folles, de nombreuses thématiques sont abordées comme le lien de parenté, le besoin de connaitre ces racines. L’amitié est le thème fort de ce livre puisqu’au fil de ses aventures, Stella va lier un très fort lien avec les autres explorateurs.

Ce livre véhicule pleins de bonnes valeurs comme la tolérance, l’écoute des autres, le respect de la différence… sans être moralisateur, il nous glisse au fil du récit des idées, des petites clés de réflexion sur notre monde.

Ce roman est également truffé de références à l’univers du conte et de l’imaginaire. Des clins d’œil subtiles sont glissés au fil du récit : reine des neige, belle au bois dormant, univers des fées…

Le voyage de Stella est parsemé de petites touches d’humour, glissées au fil du récit, à travers l’inventaire des son sac d’aventurier, un remède complètement farfelu contre les engelures… Nous sommes dans un récit loufoque mais crédibles, succulent.

Une aventurière extraordinaire

Stella est une héroïne qui plaira à tous les enfants. Nous avons tous un jour rêvé de vivre des aventures, de se faire pleins d’amis et de rencontrer des créatures fascinantes. J’ai d’ailleurs l’impression que ces créatures sont nées de l’imaginaire d’un enfant, comme si on avait mis en mot un dessin retrouvé dans un tiroir.

Stella avec sa sensibilité et son histoire de vie est très tolérante, compréhensive. Bébé, elle a en effet été retrouvé sur la glace par son père adoptif, qui est un explorateur. Dans son monde, les femmes ne peuvent pas devenir aventurière. Stella est en quelque sorte une héroïne féministe puisqu’elle défie les règles que lui impose sa société très normée, où les femmes doivent porter des robes, se tenir droite et s’occuper de la maison. Elle va donc battre tout au long du récit pour prouver qu’elle a de la valeur, qu’une femme est capable comme un homme de mener une aventure à son terme.

Le roman en bref

A travers Stella, un personnage féminin fort et courageux, ce roman nous invite dans une folle aventure peuplée de créatures fantastiques toutes plus imaginatives les unes que les autres. Un roman complètement loufoque, pleins de rebondissement, en bref succulent !

Le club de l’ours polaire (1) : Stella et les mondes gelés
Alex Bell
Gallimard jeunesse, 2018

Ma note : ★★★★★

Vous cherchez un roman plein d’humour parfait pour l’hiver ? Vous aimerez également Le journal de Gurty : parée pour l’hiver de Bertrand Santini. D’autres idées en lien avec ce roman ? N’hésitez pas à les partager en commentaire ! 

Pause jeunesse

Un roman sur la confiance en soi à l’humour décapant : La fourmi rouge – Émilie Chazerand

Une fourmis rouge parmi les noires

Vania Studel, quinze ans, vit seule avec son père taxidermiste depuis la mort de sa mère. Avec son meilleur ami Pierre-Rachid et sa copine Victoire, ils sont un peut à part dans le lycée. Invisibles. Pourtant un jour, Vania va recevoir un mail anonyme lui indiquant qu’elle n’est pas une simple fourmi noire…

Un roman captivant pleins d’émotions

Je vous présente aujourd’hui un roman que j’ai découvert il y a un petit moment maintenant mais qui m’a beaucoup marqué, si bien que les sentiments qu’il m’a inspiré, tout comme l’histoire global de ce roman sont encore frais dans ma tête. Il fut en effet pour moi une véritable révélation pleine d’émotions, un coup de cœur que je vous conseille à mille pour cent !

Adolescence et humour

Ce titre s’apparente à un roman d’initiation, prenant, envoutant, il se dévore d’une seule traite, mené par en plume toujours très juste. A travers l’humour et l’autodérision de notre personnage principale, Emilie Chazerand aborde LES sujets adolescents comme l’amitié, l’amour, la confiance en soi ou encore le regard des autres. On y retrouve également des sujets plus grave comme la mort ou le harcèlement scolaire.

Ce roman est par ailleurs un cocktail d’émotions fortes. Il nous fait passer au fil des chapitre du rire au larme, sans pour autant avoir à forcer les choses. C’est intelligent, frai et complètement déboussolant. Par son humour décalé et ses personnages moqués ce roman m’a par ailleurs fait pensé au très beau texte Les petite reines de Clémentine Beauvais.

Un personnage plein d’humour et d’autodérision

J’ai vraiment adoré Vania. L’autodérision et elle ne font qu’un. Ce qui cache cependant un gros manque de confiance en elle. Elle est constamment entrain de se dévaloriser, ce qui l’empêche de développer ses relations sociales. La preuve, elle a elle même créé « le club officiel des minables »!

Malgré tout c’est un personnage courageux et plein d’entrain. Le récit nous permet de la voir évoluer, de bonnes en mauvaises décisions mais en gardant toujours quoi qu’il arrive cet humour décapant qu’on lui aime tant.

Le roman en bref

Entre humour et sujets sérieux, Emilie Chazerand nous entraine dans le monde de Vania. Un roman pleins d’émotions fortes qui nous fait grandir au rythme des pages…

La fourmi rouge
Emilie Chazerand
Sarbacane, 2017

Ma note : ★★★★★

Vous chercher un roman de l’amour et du harcèlement scolaire ? Vous aimerez également Eleanor and Park de Rainbow Rowell.
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Découvertes Adulte

Un amour malsain et dérangeant : Premier amour – Joyce Carol Oates

Couerture de "Premier amour" de Joyces Carol Oates

Un mystérieux cousin

Quand Josie déménage chez sa tante avec sa mère, elle rencontre Jared, un lointain cousin mystérieux qui va très vite la fasciner. Entre eux, une relation étrange va finir par se nouer…

Un roman dérangeant, presque déplaisant…

En cherchant un  roman gothique, je suis tombé sur ce court texte se définissant comme un « conte gothique » d’un auteur que je n’avais jamais eu le plaisir de découvrir. Son résumé mystérieux m’a alors poussé à l’emprunter. Ce fut une lecture des plus dérangeantes, presque déplaisante… Ma PAL pour ce Pumking Automne Challenge est décidément rempli de livre dérangeant… S’il n’exploite pas la question du cannibalisme, ce dernier nous parle en effet de manipulation et de torture physique comme psychologique. Il joue avec les frontières de notre tolérance, tantôt inquiétant, tantôt oppressant, tantôt glauque. Les phrase y sont courtes, percutantes et on suit avec effroi la descente aux enfers d’une jeune fille innocente, manipulée par son cousin le séminariste pervers.

Manipulation et pédophilie

Jared Jr. a 25 ans. Il est séminariste. Il a par ailleurs, pour d’obscures raisons, été renvoyé du séminaire. C’est au fil du récit que vont se dessiner les contours de ce renvoi, lié en fait à sa fascination morbide et sexuelle pour les enfants. Méthodique, telle une araignée, il va tisser sa toile autour de la petite Josie, qui va devenir très vite sa victime préférée. Jamais assez parfaite, il trouvera toutes les excuses pour la rendre de plus en plus docile et pour lui infliger des sévices de plus en plus horribles. Sous son masque d’homme respectable, Jared Jr. cache un véritable monstre

Une jeune fille innocente

Perdue dans ce qu’elle prend pour une forme d’amour, la jeune fille va progressivement tomber sous emprise du jeune séminariste et vouloir tout faire pour le rendre heureux, quitte à mettre sa vie ou celle d’un autre enfant en danger.  Il faut dire que la petit Josie manque cruellement de repères, d’écoute et d’amour. Elle va alors devenir progressivement le pantin de Jared.

Sa mère, qui l’a emmenée dans cette maison après avoir quitté son père, est une personne très égoïste et elle-même dérangée. Séductrice, elle ne cesse d’abandonner sa fille au profit de ses aventures amoureuses avec des hommes de la bonne société. Sa mère aime plaire, aime être regardé. Son aveuglement lui cache l’étrange relation que sa fille entretient avec son cousin. Quand Josie tente par ailleurs de lui en parler, comme toute chose un peu personnelle quelle essaye de lui dire, cette dernière lui répond par un « endurci-toi ma fille tu es trop sentimentale ». Dès lors, Josie n’a plus personne auprès de qui se réfugier, surement pas sa vieille tante acariâtre, qui ferait tout pour son fils.

Le roman en bref

Dans une ambiance mal-haisante presque glauque, Joyces Carole Oates nous donne à voir la descente aux enfers d’une jeune fille, complètement manipulée par son cousin. Un récit glaçant, dérangeant autour de la pédophilie et la manipulation psychologique.

Premier amour
Joyce Carol Oates
Actes Sud, 2006

Ma note : ★★★☆☆

Vous chercher un autre roman glaçant sur la famille ? Vous aimerez également La vraie vie d’Adeline Dieudonné.
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Découvertes Adulte

Horreur, brutalité, monstruosité et déshumanisation : Cadavre exquis – Augustina Bazterrica

Couverture de "Cadavre exquis" d'Augustina Bazterrica

La terre est infectée par un virus. Les animaux ont presque tous disparus. C’est la pénurie de viande. Pour y remédier, les scientifiques ont utilisés des génomes humains pour créer une nouvelle espèce consommable. Mais un jour, un travailleur d’un abattoir va s’attacher plus que de raison à l’une des représentante de cette espèce…

Un roman horrifique presque insoutenable

Le titre de ce roman donne le la. Glaçant, magistralement atroce, parfois vomitif, on ne peut pas ressortir indifférent après sa lecture : âmes sensibles s’abstenir car ce livre est vraiment un raz-de-marée de dégout et d’horreur. Il nous développe, comme tous les romans post-apocalyptiques, une hypothèque trash de la société du futur : le cannibalisme légal.

La plume d’Agustina Bazterrica est d’une précision chirurgicale, les moindre détails des scènes horrifiques sont décrit en n’épargnant rien au lecteur. Certaines scènes étaient tellement insoutenables que j’ai du faire des pauses au cours du récit. Dans un même temps, je crois que c’est le romans qui m’a le plus dérangé à ce jour, donc qui me restera en mémoire très longtemps.

Un remue-conscience vomitif

Ce roman est un véritable remue-conscience. Les hommes y sont cruels et délirants. L’univers décrit est brutal, complètement immoral et absurde. Ce roman fait par ailleurs une grande référence à Soleil vert d’Harry Harrison, qui décrit également un monde futuriste où règne le cannibalisme, un cannibalisme forcé quant à lui, puisque les hommes ne sont pas au courant qu’ils s’entre-dévorent.

Par opposition, ce roman nous montre à quel point les hommes sont prêts à tout, non pas pour survivre ici, mais pour continuer à consommer de la viande. Des cas de cannibalismes pour survivre ont déjà eu lieu, ce fut le cas par exemple lors d’un crash d’avion, mais ici nous sommes mis face à un véritable choix politique de consommation. Il y a d’ailleurs une véritable frénésie de consumérisme, poussé jusqu’à l’absurdité dans des scènes où le narrateur nous décrit les « brochettes de doigts humains », ou « des oreilles cuisinées » qu’il a trouvé dans une boucherie. Des mets qui ont eu du mal à trouver leurs clients dans un premier temps, mais qui sont aujourd’hui des produits recherchés.

La nouvelle vidéo de L214

Ce roman fait l’effet d’une vidéo de dénonciation contre la violence animal. Les scènes dans l’abattoir où notre narrateur travaille sont insoutenables et malheureusement c’est la façon dont sont traités les animaux dans le monde moderne. C’est également le cas des scènes dans le laboratoire d’expérimentation ou d’autres lieux dont je ne vous dévoilerai pas les horreurs. Notre choc est par ailleurs accentué car nous ils est très facile de se mettre à la place de ces humains modifiés génétiquement.

Comme dans 1984 de Georges Orwell, le vocabulaire employé autour de ces horreurs a complètement été remanié. C’est ce que démontre le personnage principal, fatigué de ces effets de langage. Les humains modifiés s’appellent par exemple des « têtes », ce qui insiste encore sur leur déshumanisation. Après l’esclavage, nous sommes clairement en présence d’une nouvelle exploitation extrême de l’homme par l’homme qui nous parait malheureusement pas si absurde en vue de la bêtise humaine.

Un personnage principal conscient et paradoxal

Le narrateur de ce récit est un homme abimé par la vie. Suite au décès de son enfant, sa femme est partie pour une durée indéterminée. Il travaille pour un abattoir dans le but de payer la maison de retraite de son père, devenu fou avec l’arrivée du cannibalisme étatique. Il vit dans une profonde solitude, entouré d’un monde brutal dans lequel il survit plus qu’il ne vit.

Il est très conscient de l’absurdité qui règne autour de lui, dans son travail comme dans sa vie personnelle et porte un regard très critique envers la société dans laquelle il vit. S’il est lui même horrifié par certaines des pratiques sur les « têtes », il est également plein de paradoxe. Il peut être tantôt un homme très doux, tantôt faire preuve d’une extrême violence et rester totalement stoïque face à certaines situations.

Le roman en bref

Monstrueux, affreux, vomitif ce roman est une claque d’horreur. S’il est magistralement mené par la plume quasi chirurgicale de l’autrice, je conseille fortement aux âmes sensibles de s’abstenir…

Cadavre exquis
Agustina Bazterrica
Flammarion, 2019

Ma note : ★★★★★

Vous chercher un autre roman glaçant ? Vous aimerez également La vraie vie d’Adeline Dieudonné.
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Pause jeunesse

Quand une maladie décime les hommes… Automne – Jan Henrik Nielsen

Un évènement déclencheur…

Après qu’une maladie ai presque décimée l’humanité, le monde a énormément changé. Les arbres sont mort, les animaux aussi et plus aucunes plantes ne poussent désormais. Nana et Fride vivent avec leur père dans un bunker depuis la catastrophe. Cela fait six ans qu’elle ne sont pas sorti. Mais leur père va tomber malade et cela va les obliger à partir…

Un post-apocalyptique pour le Pumking Automn Challenge !

Quoi de mieux pour le Pumking Automn Challenge qu’un roman qui s’appelle justement Automne et qui a en plus une très belle couverture aux tons automnaux et aux feuilles mortes ? Ce roman est juste la découverte parfaite que j’ai faite sur le chariot des retours de ma bibliothèque et que je me suis empressé d’ajouter à ma PAL, miraculeusement, à ce moment là, en cour de création.

Au delà de sa jolie couverture, que cache donc ce roman ? Pour moi une jolie dystopie qui, si elle ne révolutionne pas le genre, nous fait tout de même passer un joli moment de lecture. Vous l’avez surement compris en lisant mon blog, la dystopie est mon genre préféré de la littérature de l’imaginaire en ce moment. Je pense que j’ai lu beaucoup trop de fantastique étant jeune et j’en ai fait un peu une overdose. Je trouve que globalement c’est le même type de schéma qui se répète inlassablement et j’ai tendance à très vite décroché lorsque l’histoire devient trop prévisible. Si ce roman est plein de lieu communs, je ne me suis pas ennuyé car le récit sait garder un rythme agréable.

Un roman autour du partage et de la fraternité

Si le monde semblait pour tous nos personnages hostile au début du roman, elles se sont bien vite rendue compte que tout n’était pas si polarisé. Il y a d’ailleurs beaucoup d’espoir dans ce roman. Globalement, l’humanité y est montrée comme ayant appris de ces erreurs. Les survivants font preuve de solidarité et n’hésite à partager leurs ressources avec nos héroïnes. Cela rend ce récit bien différent des autres post-apocalyptiques, qui ont tendances à dépeindre plutôt un individualisme croissant et une violence sans pareil.

Des personnages attachants

Les personnages principaux de ce récit sont tous des enfants, plus jeunes même, je dirais, que les lecteurs à qui s’adresse ce roman. Leur complicité et leur amour sans pareil est très émouvant et rend ces deux personnages attachantes. Nana, la plus grande est très responsable même si elle agit parfois, comme tous les enfants de son âge, sur des coups de tête. Elle est très protectrice envers sa petite sœur.

Fride a six ans. Elle est en même temps consciente que le danger est partout et empreinte d’une naïveté très enfantine. Personnellement, sans connaitre son âge, je l’imaginerai plus jeune. C’est le personnage qui n’a pas sa langue dans sa poche, qui ne va pas par quatre chemin et qui apporte un vent de fraicheur et de légèreté dans ce récit. Si ses actions sont souvent synonymes de tension pour le lecteur, ses paroles, elles, amènent toujours un côté comique au récit.

Le roman en bref

Quotidien de deux jeunes sœurs qui tentent de survivre, ce roman, sans révolutionner le genre nous fait passer un joli moment de lecture. Tout en légèreté malgré son sujet difficile, il nous parle de survie, de partage et de solidarité.

Automne
Jan Henrik Nielsen
Albin Michel, 2014

Ma note : ★★★★☆

Vous chercher un roman post-apocalyptique autour des conditions climatiques ? Vous aimerez également The rain de Virginia Bergins.
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Pause jeunesse

Une plongée dans le froid Russe : Lumière, le voyage de Svetlana de Carole Trébor

Un voyage en Russie

Depuis la mort de sa mère, le père de Svetlana, pourtant scientifique réputé, s’est noyé dans le chagrin. En découvrant les carnets de voyage de sa mère, elle décide de se rendre en Russie dans l’espoir d’aider son père mais aussi de mieux comprendre son passé et celui de sa famille. Mais le voyage ne va pas s’avérer de tout repos et elle va en apprendre bien plus sur elle même qu’elle ne l’aurait immaginé…

J’avais envie de lire ce roman depuis un petit moment maintenant. J’avais donc décidé de la mettre au programme du Cold Winter Challenge 2018. J’arrive un peu tard avec cet article mais il est enfin là !

Un cadre historique très réaliste

Ce récit pose un cadre historique très réussi. Durant la lecture, nous ressentons la documentation de l’autrice ce qui est très appréciable car c’est exactement ce que vend ce genre de récit. La description des paysages ou encore des monuments de Saint-Pétersbourg est très réaliste ce qui créé directement une immersion dans le récit. Je me suis même prise à frisonner lors du voyage de notre héroïne jusqu’à la capitale !

Nous retrouvons également beaucoup de références à des personnage illustres comme Diderot, la tsarine Catherine II… L’autrice met également à disposition des pages sur l’histoire de la Russie pour aller plus loin.

Sur ce contexte historique très riche, se greffe une partie fantastique qui colle très bien avec la mythologie scandinave et les croyances de nos différents personnages. Ce contraste est très intéressant et bien joué, même si l’aspect fantastique est beaucoup moins développé.

Un triangle amoureux…

En plus de ce cadre historique et du côté fantastique de l’histoire, nous retrouvons également une petite histoire d’amour compliquée. C’est tellement dommage que les auteurs Young adult en passe toujours par là. Parce que l’amitié entre Aliocha et Svetlana m’aurait personnellement amplement suffit.

C’est au côté de la Tsarine que Svetlana va rencontrer Boris, un cliché sur patte que j’ai complètement détesté. J’ai trouvé ce personnage vide et sans intérêt, comme une jolie décoration qui rend gnian-gnian le récit. D’autant plus que cela donne lieu également à un triangle amoureux et vous me connaissait j’ai un peu de mal avec ça.

Une héroïne qui doit grandir.. brutalement

Svetlana se retrouve projetée dans une réalité qui la dépasse et elle doit aller au delà de ses préjugées pour avancer et se découvrir. Elle la fille de scientifique cartésienne rencontre Aliocha qui lui vit de croyance et qui est en totale contradiction avec tout ce qui l’a toujours entouré. Avec lui, elle va apprendre à percevoir l’invisible, croire à ce qu’il semble n’être que des mythes. La regarder grandir et évoluer était plutôt intéressant même si j’ai trouvé que son personnage était parfois assez caricatural et cliché. Je n’ai donc pas vraiment accroché avec ce personnage, que j’aurais aimé plus construit.

C’est également le cas pour pratiquement tous le reste des personnages, qui sont pour certains très anecdotiques et donc vites oublié et c’est dommage, puisque c’est souvent eux qui font la force d’un récit.

Le roman en bref

Très bien documenté, ce roman nous entraine dans un voyage au plus profond de la Russie. A travers les mésaventures de notre héroïne, nous sommes plongés dans la magie et les légendes slaves. Si l’histoire d’amour était pour moi de trop, ce roman reste malgré tout rafraichissant !

Lumière : le voyage de Svetlana
Carole Trébor
Rageot, 2016

Ma note : ★★★☆☆

Vous voulez découvrir un titre autour du voyage et du froid ? Vous aimez également Les fondus de l’Arctique de Erwan Seznec.
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