Pause jeunesse

Quand une maladie décime les hommes… Automne – Jan Henrik Nielsen

Un évènement déclencheur…

Après qu’une maladie ai presque décimée l’humanité, le monde a énormément changé. Les arbres sont mort, les animaux aussi et plus aucunes plantes ne poussent désormais. Nana et Fride vivent avec leur père dans un bunker depuis la catastrophe. Cela fait six ans qu’elle ne sont pas sorti. Mais leur père va tomber malade et cela va les obliger à partir…

Un post-apocalyptique pour le Pumking Automn Challenge !

Quoi de mieux pour le Pumking Automn Challenge qu’un roman qui s’appelle justement Automne et qui a en plus une très belle couverture aux tons automnaux et aux feuilles mortes ? Ce roman est juste la découverte parfaite que j’ai faite sur le chariot des retours de ma bibliothèque et que je me suis empressé d’ajouter à ma PAL, miraculeusement, à ce moment là, en cour de création.

Au delà de sa jolie couverture, que cache donc ce roman ? Pour moi une jolie dystopie qui, si elle ne révolutionne pas le genre, nous fait tout de même passer un joli moment de lecture. Vous l’avez surement compris en lisant mon blog, la dystopie est mon genre préféré de la littérature de l’imaginaire en ce moment. Je pense que j’ai lu beaucoup trop de fantastique étant jeune et j’en ai fait un peu une overdose. Je trouve que globalement c’est le même type de schéma qui se répète inlassablement et j’ai tendance à très vite décroché lorsque l’histoire devient trop prévisible. Si ce roman est plein de lieu communs, je ne me suis pas ennuyé car le récit sait garder un rythme agréable.

Un roman autour du partage et de la fraternité

Si le monde semblait pour tous nos personnages hostile au début du roman, elles se sont bien vite rendue compte que tout n’était pas si polarisé. Il y a d’ailleurs beaucoup d’espoir dans ce roman. Globalement, l’humanité y est montrée comme ayant appris de ces erreurs. Les survivants font preuve de solidarité et n’hésite à partager leurs ressources avec nos héroïnes. Cela rend ce récit bien différent des autres post-apocalyptiques, qui ont tendances à dépeindre plutôt un individualisme croissant et une violence sans pareil.

Des personnages attachants

Les personnages principaux de ce récit sont tous des enfants, plus jeunes même, je dirais, que les lecteurs à qui s’adresse ce roman. Leur complicité et leur amour sans pareil est très émouvant et rend ces deux personnages attachantes. Nana, la plus grande est très responsable même si elle agit parfois, comme tous les enfants de son âge, sur des coups de tête. Elle est très protectrice envers sa petite sœur.

Fride a six ans. Elle est en même temps consciente que le danger est partout et empreinte d’une naïveté très enfantine. Personnellement, sans connaitre son âge, je l’imaginerai plus jeune. C’est le personnage qui n’a pas sa langue dans sa poche, qui ne va pas par quatre chemin et qui apporte un vent de fraicheur et de légèreté dans ce récit. Si ses actions sont souvent synonymes de tension pour le lecteur, ses paroles, elles, amènent toujours un côté comique au récit.

Le roman en bref

Quotidien de deux jeunes sœurs qui tentent de survivre, ce roman, sans révolutionner le genre nous fait passer un joli moment de lecture. Tout en légèreté malgré son sujet difficile, il nous parle de survie, de partage et de solidarité.

Automne
Jan Henrik Nielsen
Albin Michel, 2014

Ma note : ★★★★☆

Vous chercher un roman post-apocalyptique autour des conditions climatiques ? Vous aimerez également The rain de Virginia Bergins.
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Pause jeunesse

Une plongée dans le froid Russe : Lumière, le voyage de Svetlana de Carole Trébor

Un voyage en Russie

Depuis la mort de sa mère, le père de Svetlana, pourtant scientifique réputé, s’est noyé dans le chagrin. En découvrant les carnets de voyage de sa mère, elle décide de se rendre en Russie dans l’espoir d’aider son père mais aussi de mieux comprendre son passé et celui de sa famille. Mais le voyage ne va pas s’avérer de tout repos et elle va en apprendre bien plus sur elle même qu’elle ne l’aurait immaginé…

J’avais envie de lire ce roman depuis un petit moment maintenant. J’avais donc décidé de la mettre au programme du Cold Winter Challenge 2018. J’arrive un peu tard avec cet article mais il est enfin là !

Un cadre historique très réaliste

Ce récit pose un cadre historique très réussi. Durant la lecture, nous ressentons la documentation de l’autrice ce qui est très appréciable car c’est exactement ce que vend ce genre de récit. La description des paysages ou encore des monuments de Saint-Pétersbourg est très réaliste ce qui créé directement une immersion dans le récit. Je me suis même prise à frisonner lors du voyage de notre héroïne jusqu’à la capitale !

Nous retrouvons également beaucoup de références à des personnage illustres comme Diderot, la tsarine Catherine II… L’autrice met également à disposition des pages sur l’histoire de la Russie pour aller plus loin.

Sur ce contexte historique très riche, se greffe une partie fantastique qui colle très bien avec la mythologie scandinave et les croyances de nos différents personnages. Ce contraste est très intéressant et bien joué, même si l’aspect fantastique est beaucoup moins développé.

Un triangle amoureux…

En plus de ce cadre historique et du côté fantastique de l’histoire, nous retrouvons également une petite histoire d’amour compliquée. C’est tellement dommage que les auteurs Young adult en passe toujours par là. Parce que l’amitié entre Aliocha et Svetlana m’aurait personnellement amplement suffit.

C’est au côté de la Tsarine que Svetlana va rencontrer Boris, un cliché sur patte que j’ai complètement détesté. J’ai trouvé ce personnage vide et sans intérêt, comme une jolie décoration qui rend gnian-gnian le récit. D’autant plus que cela donne lieu également à un triangle amoureux et vous me connaissait j’ai un peu de mal avec ça.

Une héroïne qui doit grandir.. brutalement

Svetlana se retrouve projetée dans une réalité qui la dépasse et elle doit aller au delà de ses préjugées pour avancer et se découvrir. Elle la fille de scientifique cartésienne rencontre Aliocha qui lui vit de croyance et qui est en totale contradiction avec tout ce qui l’a toujours entouré. Avec lui, elle va apprendre à percevoir l’invisible, croire à ce qu’il semble n’être que des mythes. La regarder grandir et évoluer était plutôt intéressant même si j’ai trouvé que son personnage était parfois assez caricatural et cliché. Je n’ai donc pas vraiment accroché avec ce personnage, que j’aurais aimé plus construit.

C’est également le cas pour pratiquement tous le reste des personnages, qui sont pour certains très anecdotiques et donc vites oublié et c’est dommage, puisque c’est souvent eux qui font la force d’un récit.

Le roman en bref

Très bien documenté, ce roman nous entraine dans un voyage au plus profond de la Russie. A travers les mésaventures de notre héroïne, nous sommes plongés dans la magie et les légendes slaves. Si l’histoire d’amour était pour moi de trop, ce roman reste malgré tout rafraichissant !

Lumière : le voyage de Svetlana
Carole Trébor
Rageot, 2016

Ma note : ★★★☆☆

Vous voulez découvrir un titre autour du voyage et du froid ? Vous aimez également Les fondus de l’Arctique de Erwan Seznec.
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Découvertes Adulte

Survivre dans une famille toxique : La vraie vie – Adeline Dieudonné

La vraie vie d'Adeline Dieudonné

Vaincre la hyène

Gilles était le rayon de soleil dans la vie de notre héroïne, jusqu’au jour où tout a basculait… Le jour où, Gilles, traumatisé par la violence est devenu un zombie. Le jour où la hyène est entrée dans le cœur de son petit frère. Dorénavant, elle se battra pour lui. Elle  essayera de revenir en arrière et d’effacer ce jour fatidique, où le vendeur de glaces est mort devant ses yeux. Mais parviendra–t-elle à détruire la hyène ou sera-t-elle, elle aussi, entraînée dans cette spirale de violence et de mort ?

Tout pour me plaire

J’ai découvert ce roman dans le train, je l’ai écouté le mois dernier. Comme vous avez peut-être déjà eu l’occasion de le remarquer, je lis beaucoup de littérature contemporaine et j’aime énormément les textes très sombres. Ainsi, je ne pouvais pas passez à côté de ce roman, qui avait in-situ tout pour me plaire.

Ce roman, premier texte de cette autrice, a par ailleurs été salué par la presse et a reçu le prix Fnac et le Renaudo des lycéens en 2018 et on comprend pourquoi ! L’écriture sublime et cinglante de l’autrice nous entraîne dans un texte glaçant, dans lequel le silence nous emprisonne dans une bulle de frayeur.

Le récit brutal d’une enfance volée

Dès le début, le ton est donné, Adeline Dieudonné ne fera pas dans la dentelle « A la maison, il y avait quatre chambres. La mienne, celle de mon petit frère Gilles, celle de mes parents, et celle des cadavres ». Une phase d’accroche glaçante, comme la suite du récit, raconté par une jeune fille à l’innocence volée. Elle évolue en effet dans une famille complètement destructrice. Son horreur est personnifié par son père, un homme brutal, caractériel, qui détruit tous ce qu’il touche, en commençant par la mère de notre héroïne. Il voue également une passion pour la chasse, une activité qui lui permet de montrer sa bestialité. Il collectionne par ailleurs ses trophées de chasse dans une pièce des plus glaçante.

Cette pièce est l’allégorie de la peur intérieur de notre héroïne. Quand deviendra-t-elle à son tour la proie, le trophées de son père. Par ailleurs, il se comporte déjà comme si elle était son trophée, l’étouffant, comme il étouffe sa mère, au fur et à mesure que son frère Gilles se révèle à ses yeux. C’est dans cet environnement hostile que notre héroïne évolue, telle une magnifique fleur cachée dans une crevasse. Si elle ne se révèle pas au monde, c’est pour mieux se protéger des intempéries de son père. Lui ne voit que sa médiocrité, ce qui le rassure dans sa virilité.

La mère de notre héroïne est complètement soumise à son mari. Battue, manipulée, elle se terre dans son monde intérieur pour ne plus subir sa réalité insupportable. Seuls ses animaux, dont elle s’occupe avec un amour plus que maternel, lui permettent de se réveiller. Elle n’est d’aucun soutient à ses enfants. Dans le roman, elle sonne comme un garde fou pour notre héroïne. Elle sait ce qui l’attend si son père découvre la vérité.

Un personnage principal pugnace et courageux

Elle, puisqu’elle ne porte pas de nom, est brillante. Dans tous les sens du terme. Brillante, car elle est surdouée en physique, tant et si bien qu’elle prend des cours particuliers pour continuer à apprendre dans ce domaine. Son intelligence la rend également très astucieuse et elle arrive à passer outre la surveillance de son père.

Elle est aussi brillante par sa mentalité. Elle symbolise l’espoir de toute sa famille, l’incorruptible lumière. Elle est toujours positive malgré les horreurs qu’elle vit et pleine de courage. Au fil du récit, nous la voyons évoluer, s’émanciper et commencer à penser par elle même et pour elle. Si son frère se vide de plus en plus et deviens l’égal de son père, elle est par contre à l’antipode de sa mère.

Le roman en bref

Avec sa plume juste et vibrante, Adeline Dieudonné nous entraîne dans le récit brutal d’une enfance volée. Elle nous plonge dans l’horreur d’une famille détruite, en nous laissant toujours planer une lueur d’espoir, tel un phare dans l’océan. Un premier roman exceptionnel, glaçant et captivant qui me laissera sans conteste un souvenir indélébile !

La vrai Vie
Adeline Dieudonné
L’iconoclaste, 2018

Ma note : ★★★★★

Vous cherchez un roman qui nous parle de famille destructrices. Vous aimerez également Eleanor and Park de Rainbow Rowell.
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Pause jeunesse

Une magnifique histoire d’amour pleine de tendresse et de poésie : Eleanor and Park – Rainbow Rowell

Tout commence dans un bus…

C’est le premier jour d’une nouvelle vie pour Eleanor. Elle prend le bus pour se rendre à son nouveau lycée. Elle vient de ré-emménager avec sa mère, après plusieurs années d’absence. Dans le bus, chacun a déjà sa place attitrée. Pas questions d’y déroger ! Eleanor ne trouve pas de place pour s’asseoir… C’est alors que Park, un garçon solitaire et secret décide de se décaler… Eleanor est trop rousse, trop ronde, trop étrange, elle devient progressivement la tête de turc du lycée. Pourtant, au fur et à mesure des trajets, Eleanor et Park vont peu à peu se découvrir, se lier d’amitié et tomber amoureux à travers leur fascination commune pour les comics. Park va alors devenir le rayon de soleil d’Eleanor, tiraillée entre sa famille conflictuelle et le harcèlement qu’elle subit à l’école. Park, quant à lui, sera prêt à tout pour sortir Eleanor de sa vie quotidienne…

Une bulle d’amour

Encore une fois, j’ai découvert ce roman lorsque j’étais dans mon ancien travail et j’avais décidé, au vue des superbes critiques que j’avais lu, de l’ajouter à ma wish list. Cela fait maintenant un petit moment qu’il y stagnait alors quand je l’ai vu passer dans mon nouveau travail, je n’ai pas pu m’empêcher de l’emprunter. Vous savez que je ne suis pas initialement friande des romances mais ce texte m’a totalement réconcilié avec ce genre.

Ce roman m’a donné un grand sourire, m’a enveloppé de douceur malgré les sujets très difficiles qu’il aborde. Nous sommes emmener dans la bulle d’Eleanor, une bulle de positivité, d’amour. La bulle qu’a crée Park et dans laquelle ils se lovent. Cette histoire d’amour est très touchante, captivante. En commençant ce livre nous sommes happé par ce qui se dessine tout en finesse, par petite touche. Malgré cette apparente lenteur, ce roman nous entraîne dans un rythme entêtant. C’est un petit bonbon, d’une douceur incroyable, un petit rayon de soleil.

Un contexte historique très intéressant

Le récit se déroule dans les années 80. Rainbow Rowell y a immiscé tout un tas de références à ces années, que ce soit en terme de comics, de groupe de rock, de style vestimentaires… Nous sommes vraiment ancrés dans le réel et les lecteurs plus âgées pourront y retrouver avec nostalgie des souvenirs passés.

Le contexte historique confronte nos personnages à des situations que nous ne pourrions pas connaitre au XXIème siècle. Pour communiquer, Eleanor et Park doivent utiliser le téléphone fixe familial puisque les téléphones portables n’existaient pas. Mais Eleanor n’en possède pas. Nos deux personnages se rêvent une vie amoureuse en dehors des temps du bus et vont baser une partie de leur histoire d’amour sur leur rêve, leurs fantasmes lorsqu’ils sont séparés l’un de l’autre.

Quand deux grands timides se rencontrent…

On a tous connu une Eleanor dans sa vie. Une personne qui était un peu différente de la masse des élèves et qui se retrouvait malheureusement harcelée et mise à l’écart. Une personne avec une famille très compliquée, une personne extravertie avec un style original… On connait tous un Park, quelqu’un de très gentil, de très sensible mais qui est un peu à l’écart à cause de sa timidité. Ces deux personnages principaux sont hypersensibles, hyper réalistes et nous pouvons tous nous y identifier.

Eleanor et Park se sont rencontrés dans le bus et c’est leur différence qui va les lier. Ils sont tous deux très réservés et ils vont se rapprocher par le biais des comics, qu’Eleanor va commencer par lire par dessus l’épaule de Park. Progressivement, ils vont commencer à échanger, d’abord des regards, ensuite des paroles et leur histoire d’amour va se construire. Les sentiments amoureux très forts de nos personnage sont distillés au compte-gouttes, avec minutie par la plume très fine de Rainbow Rowell. C’est très touchant, très poétique de voir les tous petits pas de nos personnages et ça donne vraiment envie de retomber amoureux.

Entre harcèlement scolaire et difficultés familiales…

Au delà de son histoire d’amour, ce roman aborde des sujets très durs. Le thème central est le harcèlement scolaire. Eleanor est différente. Premièrement, elle est rousse, nous connaissons tous la discrimination que peuvent subir les personnes rousses lors de leur scolarité. Ensuite, elle est ronde et c’est également malheureusement une caractéristique qui est discriminée. Enfin, elle aborde un style vestimentaire assez spécial, surement à cause du fait que sa famille n’a pas les moyens de lui payer des vêtements neufs. Elle subit les moqueries constantes de ses camarades, qui peuvent par ailleurs aller très loin, puisqu’elle se fait taguer ses livres, pousser, insulter, on jette ses affaires dans les toilettes…

Nous découvrons dans ce roman toute la hiérarchie entre les élèves, avec des personnalités très populaires qui font la loi, des suiveurs et des « parias » qui subissent. Dans un premier temps, Park constate les moqueries à l’encontre d’Eleanor mais ne prend pas parti, c’est un personnage qui rase les murs. Malgré son courage, il n’aime pas les conflits. Il préfère rester dans sa bulle, avec ses comics et ses cassettes de rock. Eleanor, comme une bonne partie des personnes harcelées, a décidé de prendre du recul par rapport aux critiques, de se laisser faire et de ne pas répliquer.

Ce roman aborde également la question de la précarité à travers le contexte d’Eleanor et de sa famille. Eleanor vit dans une famille très pauvre. Elle ne possède pas d’affaires à elle et doit partager sa chambre avec sa fratrie. De plus, le contexte familial d’Eleanor est très malsain, entre violence conjugale, alcoolisme et harcèlement moral.

Le roman en bref

Eleanor and Park est un roman hyper sensible, touchant, un véritable coup de cœur que je recommande chaudement, car il nous redonne envie de tomber amoureux. Tout en finesse et toute en justesse, il nous conte les premiers émois amoureux tout en traitant de sujets plus sombres,comme le harcèlement scolaire et les difficultés familiales.

Eleanor and Park
Rainbow Rowell
Pocket jeunesse, 2014

Ma note : ★★★★★

Vous recherchez une jolie histoire d’amour ? Vous aimerez également Nos cœurs tordus de Séverine Vidal et Manu Causse.
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Pause jeunesse

Entre enquête et magie : Captifs – Lena Major

Captifs

Un don pour la sauver…

Sean, treize ans n’est pas un garçon ordinaire. Il possède un don, la souvenance, transmis de génération en génération à travers les femmes de sa famille. Pour lui, ce don est une malédiction qui l’isole du reste du monde. Il lui permet de lire le passé des objets et des gens en les touchant. Il doit donc constamment faire attention, ce qui lui donne une réputation de garçon très étrange. Un jour, en accompagnant sa mère lors d’un rendez-vous professionnel, il touche le chouchou de la fille du patron (Sylvia) et il est témoin d’un kidnapping

Une couverture énigmatique

J’ai été très attirée par la couverture de ce roman, qui m’a fait pensé à celle de Hopeless de Coleen Hoover, dont je vous ai déjà parlé sur ce blog. Les deux visages assemblés sur la couverture m’ont beaucoup intrigués. J’ai donc décidé de me plonger dans ce roman, d’autant plus qu’il est vraiment très court et il nous parle d’une sorte d’enquête policière, ce qui aurait pu m’aider à me replonger dans ce genre, que j’ai un petit peu abandonné ces derniers temps.

Un court roman et des raccourcis

Captifs est un roman très court. L’intrigue est donc très peu développée, même si pour autant elle était prenante. Elle est bien menée et je pense que ce petit format peut plaire aux adolescents. J’ai beaucoup aimé le mélange de policier et de fantastique, avec ce don de la souvenance, exploité de façon vraiment très intéressante, même si le côté super-héroïque des personnages est assez cliché. Ce roman est également truffé de facilités, explicables par la longueur du texte.

Le récit se passe presque comme un huis clos puisque les personnages sont enfermés dans les bureaux du patron à la mère de Sean. Nous y suivons les relations entre les malfaiteurs et le père au téléphone, entre Sean et Sylvia via le chouchou et entre les personnages qui s’inquiètent et qui échafaudent un plan. Tout est plein de bon sentiments. Nous avons l’impression d’être dans un film américain : beaucoup d’amour, de bienveillance…

Quand le dramatique rencontre l’humour

J’ai beaucoup aimé la relation de Sean et Sylvia, qui « communiquent » par le chouchou puisque Sean peut voir ce qu’il arrive à Sylvia en temps réel. Sylvia est une jeune fille pleine d’humour, de répartie et de sang-froid. Elle ne se laisse pas dépasser par la situation et en fait voir de toutes les couleurs à ses kidnappeurs. Cela donne des scènes assez cocasses et assez drôles qui détendent un peu ce sujet difficile. Le kidnapping est en fait traité comme une espèce de farce, une blague faite aux parents. Sans que le côté dramatique de la situation soit occulté, nous ne ressentons pas de charge émotionnelle, seulement l’inquiétude des personnages principaux.

Ce roman aborde aussi le thème de la différence et de la difficulté qu’elle implique. Il nous parle du rejet et de la confiance en soi. A cause de son don, Sean souffre d’un grand manque de confiance en lui et au fil du récit, il va apprendre que cette différence est une force. Le malheur de Sylvia va révéler Sean à lui même comme aux yeux de sa mère.

Le roman en bref

En flirtant avec le policier et le fantastique, Captif nous fait passé un bon moment de lecture. Il nous parle de différence, à travers le don de souvenance de Sean et nous fait découvrir une histoire digne des films américains, où Sean se place comme le super-héro courageux et vaillant, allant sauver une jeune fille des griffes de ses ravisseurs. Un petit roman sans prétentions qui plaira notamment grâce à sa taille très courte.

Captifs
Lena Major
Samir, 2019

Ma note : ★★★☆☆

Vous cherchez d’autres courts romans à suspense ? Découvrez La citadelle de glace de Roland Fuentes.
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Découvertes Adulte

Un huis clos sans sel ni poivre : Cyanure – Camilla Läckberg

Un meurtre au milieu de nulle part

Pour faire plaisir à sa presque petite amie, Martin Molin décide de l’accompagner à un repas de famille pour les fêtes de noël, qui aura lieu dans un chalet sur une île de Valö. La cabane est isolée au milieu d’une tempête de neige et Martin se retrouve bien malgré lui prisonnier d’une affaire de meurtre et de conflits familiaux.

Miser sur les valeurs sures

Aujourd’hui, je reviens comme promis sur une de mes lecture du Cold Winter challenge 2018 !

J’avais découvert Camilla Läcberg dans un autre roman, La princesse des glaces, qui aurait pu lui aussi carrément coller à ce challenge ! Comme j’avais beaucoup apprécié cette auteure, j’ai décidé de remplacer ma lecture-déception-abandon de L’assassin du pôle nord avec l’un de ces titres. Camilla Läckberg est une auteure scandinave très connue et appréciée, je me suis donc dit qu’aller sur une valeur sure était une bonne stratégie pour me remettre sur pied.

Une intrigue à creuser

Personnellement, j’adore les huis clos. Je suis fan du roman d’Agatha Christie Les dix petits nègres et également du film de Quentin Tarrantino Les huit salopards. J’avais donc beaucoup d’attentes envers ce roman.

Malheureusement, nous sommes ici dans le lieu commun du huis clos. La taille du roman, très court, ne nous apporte pas beaucoup d’approfondissements. Tout est extrêmement vite décrit, vite raconté, alors que j’aime quand un huis clos pause une atmosphère progressivement. Compte-tenu de la localité paradisiaque du chalet, je m’attendais par exemple à retrouver des descriptions de paysage, de rencontre avec des animaux…

Je suis vraiment restée sur ma fin puisque l’intrigue n’était pas assez creusée. Les relations entre les différents personnages étaient également racontées très succinctement, alors que j’aurais plutôt souhaité, dans le cadre d’un huis clos familial, être témoin de relations complexes expliquées avec détails.

Une famille vénale

L’intégralité de la famille de Lisette est extrêmement négative car pour la majeur partie des membres, seul l’argent du grand-père est intéressant. Chacun tente alors de prendre sa place pour avoir une chance d’être présent sur le testament.

Cette thématique de la famille vénale est assez clichée puisque c’est un lieu commun dans le roman policier. De plus, elle met encore plus en lumière la dualité gentil-méchant, utilisée dans tous les romans du genre et incarnée ici par le frère de Lisette, seul face au reste de sa famille.

Des personnages abrutis et agaçants

Le personnage de Martin est l’archétype du flicard incompétent. En effet, il se retrouve complètement perdu devant une histoire de meurtre somme toute pas si compliquée, la liste des suspects étant forcément réduit, puisque nous sommes dans un huis clos … Tout au long du roman, il illustre son incompétence. Notamment lorsqu’il fait passer les différents interrogatoires, où il subit la situation et les forts caractères des personnages secondaires. Il ne fait en fait pratiquement jamais avancer l’enquête et piétine dans la semoule. De plus, il passe son temps à faire des siestes, pendant lesquelles il se passe toujours des événements très importants…

Sa petite amie Lisette n’est pas non plus en reste niveau incapacité. Son histoire avec Martin démarre d’ailleurs très mal, puisque ce dernier n’est pas vraiment intéressé par elle. Il flirt avec elle mais ne se voit pas bâtir une relation avec elle. Lisette, quant à elle, se sert de lui pour prendre de l’importance dans sa famille, où elle est pratiquement insipide. Elle nourrit une haine assez profonde envers son grand-père et une jalousie maladive envers son frère, qui lui a une bonne relation avec son grand-père.

Le roman en bref

Avec ces personnages agaçants et son intrigue pas assez développée, ce huis clos familial laisse un gout d’inachevé. Un roman policier plein de lieux communs et très prévisible.

Cyanure
Camilla Läckberg
Actes Sud, 2011

Ma note : ★★☆☆☆

Les romans policiers pleins de rebondissement vous intéressent ? Vous aimerez La vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker.
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Pause jeunesse

Une pépite en vers libre : Swimming pool – Sarah Crossan

Swimming pool

Tout recommencer…

Kasienka, une jeune polonaise, part vivre à Londres avec sa mère dans l’espoir de retrouver son père, parti quelques années plus tôt. Mais la vie rêvée que sa mère imaginait était bien loin de la réalité et Kasienka doit tout recommencer. Apprendre une nouvelle langue, s’intégrer dans ce nouveau pays si différent, se faire des amis et surtout essayer de vivre sa vie d’adolescente le plus normalement possible.

Une petite pépite en vers libre

Après avoir lu et adoré Inséparable, le premier roman de Sarah Crossan, j’étais très heureuse de la retrouver avec ce second texte, encore traduit par la talentueuse Clémentine Beauvais.

Ecrit en vers libre, ce roman est une petite pépite. Même si ce procédé narratif original peut paraître déroutant au début, il apporte de nombreux avantages. En effet, il permet à l’autrice de laisser de la place aux silences, en nous racontant juste l’essentiel et en laissant notre imagination combler les vides. La très belle plume de Sarah Crossan nous décrit alors une réalité sombre mais qui ne tombe jamais dans le mélo dramatique.

Un sujet d’actualité traité avec brio

Tout en douceur, ce roman nous parle de l’immigration, de l’exil et de l’intégration. Il nous montre la difficulté que Kasienka et sa mère vont avoir à s’adapter dans ce nouveau pays où personne ne les attends. Le récit parle aussi d’espoir et même d’amour. Puisque malgré tout l’amour est partout : entre une relation mère-fille pas toujours facile, avec un voisin, Kanoro, qui deviendra très vite un père de substitution pour notre héroïne ou encore avec un garçon rencontré à la piscine…

Dans sa recherche d’intégration, Kasienka va aussi découvrir le harcèlement scolaire. Son accent, ses vêtements ou encore ses cheveux courts la démarque des autres. Et la différence n’est malheureusement pas bien vu durant l’adolescence… Elle va donc être victime moquerie et d’insultes, notamment de la part d’une certaine Clair, avec qui elle semblait amie au premier abord.

Kasienka, un personnage doux et courageux

J’ai adoré le personnage de Kasienka, tout en douceur malgré les épreuves. Pour moi elle est un modèle de courage et de pugnacité. Elle réagi également avec maturité. Globalement, Sarah Crossan nous présente ses personnages avec beaucoup de bienveillance. Il est donc très facile de s’attacher à eux mais plus difficile de les quitter… On les quitte d’ailleurs très rapidement puisque ce roman est composé de chapitres succins et se lit presque trop vite. A quand le prochain livre de Sarah Crossan ?

Le roman en bref

Avec sa très belle écriture en vers libre, Sarah Crossan nous entraîne dans l’univers très tourmenté de Kasienka. Sans jamais tomber dans le mélo-dramatique, elle nous parle d’immigration, d’abandon ou de harcèlement. Un petit bijou à découvrir très rapidement !

Swimming pool
Sarah Crossan
Rageot Editeur, 2018

Ma note : ★★★★★